J’étais en train de faire ma séance de jambes lundi dernier quand un pote m’a envoyé une vidéo d’Hafthor Björnsson en train de tirer du lourd dans son gym en Islande. Message qui va avec : « il revient ». Franchement, j’y croyais moyennement. Ça faisait un moment qu’on entendait des rumeurs, des teasers, des trucs comme ça. Et là, c’est officiel : La Montagne remonte sur les plateformes strongman.
Autant dire que dans le petit monde des sports de force, ça a mis un sacré coup de fouet.
Björnsson, le retour qu’on n’attendait plus (ou si, en fait)
Le mec a tout gagné. World’s Strongest Man, Arnold Classic, record du monde du soulevé de terre en équipement à 501 kg en 2020. Il s’est ensuite reconverti dans la boxe, a fait son combat contre Eddie Hall, a perdu du poids, en a repris, a essayé plein de trucs. Et là, il annonce qu’il retourne à ce qu’il fait de mieux : soulever des choses absurdement lourdes devant des caméras.
Ce qui m’intéresse dans ce retour, c’est pas tant la performance sportive (à 37 ans, on sait qu’il ne battra probablement plus ses propres records). C’est plutôt ce que ça dit sur la discipline. Le strongman est devenu un vrai spectacle, une industrie. Björnsson ne revient pas juste pour lui, il revient parce qu’il y a un public, des sponsors, des retransmissions.
Ce qu’il a annoncé concrètement
- Un retour progressif sur des compétitions ciblées, pas un tour complet
- Une préparation qui a démarré il y a plusieurs mois en catimini
- L’envie de refaire du soulevé de terre en compétition
Je ne vais pas mentir, j’ai hâte de voir ça.

Jamal Browner, l’autre histoire du moment
Pendant que la planète strongman s’agitait pour Björnsson, un autre nom faisait exploser les réseaux : Jamal Browner. Le gars s’approche dangereusement du record du monde de soulevé de terre en powerlifting. Et là on parle de deadlift raw (ou presque), pas de combinaison qui te fait gagner 40 kg gratos.
Perso, Browner c’est un athlète que je suis depuis un moment. Le mec a une technique de sumo assez propre, il est régulier, il ne fait pas 15 vidéos de motivation par semaine sur Instagram. Il bosse. Et là il est en train de repousser des barres que personne ne pensait voir bouger avant plusieurs années.
Le truc c’est que le powerlifting moderne est arrivé à un niveau où les progressions se font au kilo près. Passer de 490 à 491, c’est déjà énorme. Alors quand tu vois quelqu’un tenter du 500+ et le faire monter, tu comprends que t’assistes à un moment historique.
La France structure enfin ses sports de force
Ce qui m’a fait plaisir cet été, c’est aussi de voir que du côté institutionnel, ça bouge. La fédération qui chapeaute les sports de force est en pleine structuration, avec une ambition internationale claire. Et franchement, il était temps. Pendant des années, powerlifting et strongman en France c’était le bordel : plusieurs fédérations concurrentes, des athlètes qui savaient pas trop où s’affilier, des règlements différents selon les compétitions.
Aujourd’hui on sent qu’il y a une volonté de professionnaliser tout ça. De proposer des circuits cohérents, des sélections nationales lisibles, une vraie représentation à l’étranger.
Ce que ça change pour les athlètes amateurs
Concrètement, si tu commences aujourd’hui dans une salle et que tu veux te lancer en compétition, c’est plus simple qu’il y a cinq ans. Tu peux trouver un club affilié, participer à des meets régionaux, monter progressivement. C’est un peu comme quand tu découvres une nouvelle plateforme de loisirs en ligne : au début tu tâtonnes (moi j’ai testé Lucky31 récemment pour comparer les interfaces, tu peux jeter un œil danielspagnou.fr si le sujet t’intéresse), et puis tu finis par trouver tes marques. Pour le powerlifting c’est pareil : il faut juste passer la première étape.
Le strongman gagne du terrain en région
Un truc que je trouve génial en ce moment, c’est de voir le strongman se démocratiser en région. À Lumio en Corse par exemple, il y a un athlète qui organise des découvertes du strongman ouvertes au public. Tu viens, tu tires du yoke, tu portes des atlas stones, tu te rends compte que soulever une pierre de 100 kg c’est pas si simple.
Ce genre d’initiative, c’est ce qui fait vivre la discipline. Le strongman a longtemps eu cette image de « truc pour gros bras qui font 150 kg à poil sur la balance ». Aujourd’hui c’est beaucoup plus varié. Il y a des catégories féminines, des catégories de poids, des masters. Tu peux commencer à 60 kg de poids de corps et progresser.
Les femmes dans les sports de force, encore un long chemin
Je suis tombé sur un témoignage récent d’une powerlifteuse qui expliquait qu’elle est encore vue comme « un objet de curiosité » par beaucoup d’hommes en salle. Et ça m’a fait tiquer, parce que je pensais qu’on avait avancé sur ce point. Apparemment pas assez.
Perso je trouve que les meilleures ambiances de gym que j’ai connues, c’était toujours des salles où il y avait un vrai mix. Où une fille qui squatte 140 kg est aussi respectée qu’un mec qui en squatte 200. Ça arrive, mais c’est pas encore la norme partout.
Les chiffres qui bougent
- Le nombre de licenciées féminines en powerlifting a plus que doublé en cinq ans
- Les compétitions strongwoman se multiplient un peu partout en Europe
- Les records féminins progressent plus vite que les records masculins actuellement
- Certaines athlètes féminines dépassent maintenant en médiatisation certains athlètes masculins
Powerlifting ou strongman, faut choisir ?
La question revient tout le temps quand je discute avec des débutants. Powerlifting c’est trois mouvements : squat, bench, deadlift. Strongman c’est un peu tout ce qui te passe sous la main : yoke, stones, log press, farmer’s walk, deadlift avec des variantes bizarres.
Mon conseil, si vraiment tu veux mon avis : commence par le powerlifting. Tu construis une base de force propre, tu apprends la technique sur trois mouvements maîtrisables, et si après un ou deux ans tu veux switcher sur le strongman, tu auras les fondations. L’inverse est plus compliqué. J’ai vu des mecs commencer direct par le strongman et se blesser au bout de six mois parce qu’ils n’avaient pas les bases.
Mais bon, chacun fait ce qu’il veut hein. Certains adorent le côté imprévisible du strongman, cette énergie de « tu portes le truc, peu importe comment ». Et je comprends complètement.
La suite s’annonce chargée
Entre le retour de Björnsson, Browner qui va probablement casser le record dans les prochains mois, et une scène française qui se professionnalise enfin, l’automne va être intéressant à suivre. J’ai déjà bloqué mon calendrier pour ne rater aucune retransmission.
Et toi si t’as jamais essayé de tirer une barre de plus de ton poids de corps, tente le coup une fois. C’est pas la même sensation qu’un curl biceps devant le miroir.